Le Braconnier de l'Espoir

 

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Scénariste Gérard RIESTER
Avec la participation de l'écrivain Louis OURY (second dialoguiste)

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Film cinéma

NOTE D’INTENTION 

 Etant un passionné de cinéma et d’histoire, je me suis toujours intéressé  au passé, surtout la période médiévale et ses légendes, la première et la seconde guerre mondiale, ainsi que les grandes affaires des XVIII, XIX et XX ème siècle.  

Lorsque je suis arrivé en Anjou, j’ai  cherché les histoires qui se seraient déroulées en Anjou.
 Bien sûr la période médiévale avec le château d’Angers, le roi René  est  très intéressante.
 Mais j’ai également été intéressé par deux affaires célèbres en Anjou. L’une remonte à 1817, où les époux Chalumeau qui tenaient l’auberge de la Boule d’Or au Moulin d’Ivray, ont assassiné plusieurs clients riches pendant qu’ils dormaient. La seconde et c’est l’objet de mon scénario, s’est déroulée entre 1854 et 1857 sur les communes de St-Germain et Daumeray.  

J’ai été séduit par l’histoire de ce journalier agricole analphabète, qui braconnait pour faire vivre sa famille. J’ai lu plusieurs livres relatant cette histoire, plus ou moins légendée.

 Les archives départementales témoignent indirectement de la  machination politique, dont le pouvoir de l‘époque a voulu faire croire au peuple, en impliquant  le braconnier et en le faisant passer pour un meneur de la Marianne, un groupe franc maçon et républicain, allié des socialistes.

Or le pauvre Rouget n’a jamais su que son nom avait été crié par des insurgés et peint sur les murs de la ville d’Angers en 1855.
Néanmoins Rouget qui était analphabète a réussi pendant 31 mois à déjouer les pièges tendus par les  gendarmes et  l’armée venu à la rescousse.
Rouget avait tiré à cinq reprises avec son fusil de chasse, sur le gendarme Javelle, sans le tuer.
C’est la trahison de son ancienne maîtresse Jeanne Milcent qui aura raison de la cavale du braconnier.

Il sera condamné à Angers le 12 février 1857 aux travaux forcés à perpétuité au bagne de Cayenne.
Il réussi à s’évader, mais atteint par les fièvres, il a été ramené aux autorités par des indigènes.
Il mourut le 19 avril 1858.
Son corps fut jeté en pâture aux requins.
Sa mort fut connue à Daumeray six mois plus tard, en octobre 1858.

 

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SYNOPSIS 

 L’histoire authentique de Rouget le Braconnier se situe en Anjou de 1854 à 1857, sous le Second Empire. La France est gouvernée par Napoléon III, le peuple rural et ouvrier est dans une misère noire. 

Louis Rouget, ouvrier saisonnier agricole, et analphabète, âgé de 37 ans, braconne pour nourrir sa famille sur les départements limitrophes de la Sarthe et du Maine et Loire.
Il est marié à Marie, une fille simple. Le couple a deux enfants Louis 8 ans surnommé « Loulou » et Victor 4 ans, surnommé « Totor ». La famille demeure dans une  maison vétuste «  La Demennerie » située sur la commune de Saint-Germain, commune limitrophe avec celle de Daumeray.

 Louis Rouget a un ami sur lequel il peut compter en toutes circonstances, c’est Gilbert dit Le Potard bûcheron charbonnier de son état.  

Juillet 1854, Rouget,  Gilbert et Abaffour, braconnent dans le bois à proximité de Daumeray.
Dans la brigade de Gendarmerie Impériale de Daumeray, le gendarme Javelle, homme intègre, sans pitié  et manquant totalement de diplomatie propose au brigadier Savin d’effectuer une tournée, car en ce dimanche,  bonne période pour les braconniers, le fameux Rouget sera peut-être présent. Javelle et Pennegat partent en tournée. 

Après quelques péripéties, Rouget est arrêté. Gilbert a réussi à fuir. Javelle relève l’infraction malgré les supplications de Rouget promettant de ne plus braconner. Peine perdue.
Le procès-verbal  inscrit, les bicornes regagnent leur brigade, laissant Rouget révolté, rempli de rage et de désir de vengeance. Il ne pourra pas payer une nouvelle amende et s’il va en prison, que deviendra sa famille ? Rouget ne voit qu’une seule solution, éliminer le gendarme.  

Javelle tombe dans l’embuscade tendue par Rouget. Atteint une première fois, Javelle s’écroule en avant. Rouget tire un second coup, et le second gendarme tournoie comme une toupie.
Rouget s’enfuit.

 Rentrant dans sa maison délabrée «  La Demennerie », il avoue son crime à sa femme complètement désorientée. A ce même moment, le son d’une corne d’un gardien de troupeaux se fait entendre. Les cornes servent à avertir de la présence des gendarmes dans le secteur.
 Effectivement, le brigadier Savin, commandant la brigade de Daumeray et ses hommes, investissent la Demennerie.

 Prévenu d’un danger imminent, Rouget réussi à prendre la fuite malgré la présence des gendarmes qui tentent de lui barrer le passage. Va commencer pour Rouget, une cavale de 31 mois. Il sera aidé par plusieurs fermiers de la région, notamment les Poirier et les Portais.

 Les gazettes affichent et narrent l’évènement de l’affaire Rouget. Le meurtrier doit être mis hors d’état de nuire dans les plus brefs délais. A Angers, dans le bureau du procureur général impérial Métivier, ce dernier craint que cette affaire locale devienne nationale, d’où d’éventuelles répercussions politiques hostiles au régime qui pourrait se renforcer. 

A plusieurs reprises, Rouget réfugié dans différentes fermes, est sur le point d’être appréhendé, mais chaque fois il réussit à s’enfuir, déjouant les pièges des gendarmes venant des deux départements.
Des perquisitions ont lieu, des arrestations de fermiers hommes et femmes sont effectuées afin d’inciter Rouget à se rendre aux autorités.

 Alors que Rouget se bat pour rester libre, au même moment et à mille lieux de ses préoccupations, dans le cabaret « Pyramide » à Trélazé, les socialistes et marianistes se réunissent secrètement depuis des mois. Ils parlent souvent de Victor Hugo le proscrit exilé à Guernesey. Dordigné présent à cette réunion clame qu’il a entendu parler du fameux Rouget. Attibert le meneur, pense que rallier à leurs causes le monde paysan par l’intermédiaire de Rouget, serait un atout et une aide considérable pour lutter contre le régime impérial. Mais le procureur Métivier veille. Le pauvre Rouget traqué journellement dans les bois, ignore totalement que son nom est prononcé par autant de personnes et qu’il est devenu le symbole de la lutte contre le régime impérial. Rouget aime la nature et  la liberté, il est incapable de penser à la politique.

Javelle rétabli, est dans un premier temps muté à la brigade des Ponts de Cé, près d’Angers.
Peu de temps après, il quitte la Gendarmerie et rentre dans la police secrète  où il devient un fervent serviteur du procureur impérial Métivier. Il est principalement chargé de surveiller les agissements des socialistes et marianistes qui préparent un mouvement insurrectionnel à Angers et dont le principal meneur se nomme Attibert, François. Il contacte plusieurs espions infiltrés dans ces partis politiques, notamment un certain « K ». Lorsque certains perreyeux prononceront le mot « Rouget » lors de leurs diverses manifestations, Javelle jubilera espérant appréhender lui-même le braconnier. 

Métivier et Javelle, deux hommes qui trouveront leur volonté commune d’appréhender Rouget, un moyen de mater l’insurrection politique dans le milieu ouvrier, mais aussi l’assouvissement d’une vengeance personnelle. 

Le machiavélisme du procureur impérial sera de faire croire au public que Rouget est également un meneur de mouvements insurrectionnels. Il va tout mettre en œuvre pour que le procès de Rouget lorsqu’il sera arrêté, soit un procès politique, avec des circonstances aggravantes. De ce fait il est fort probable que Rouget soit condamné à mort.

Lors d’une visite nocturne à sa famille, Marie fait savoir à son mari qu’un huissier est venu clouer une affiche sur la porte d’entrée. Marie non plus ne sait ni lire ni écrire. Rouget demande à voir l’affiche.
Marie lui approche la lanterne. Rouget est hypnotisé par ces lettres noires. Enervé, il veut savoir ce que ça dit. Une idée lui traverse l’esprit, son fils aîné Ptit Louis sait lire, il va à l’école grâce au soutien du vicomte du Grip. Il réveille son fils, le prend dans ses bras et l’emmène devant l’affiche. A la lueur de la lanterne, Ptit Louis passe son doigt sur les lignes :

Alors, Ptit Louis épelle doucement en se concentrant " CON…DAM…NE…..A…MORT… "
Marie tombe à genoux la tête enfouie entre les jambes de Rouget.

Métivier se rend à la préfecture à Angers pour mater l’insurrection de mineurs des ardoisières de Trélazé qui est imminente. Effectivement, les perreyeux se sont révoltés, ils ont pris d’assaut la brigade de gendarmerie de Trélazé, ainsi que la maison du maire de cette même commune.
Deux gendarmes ont été molestés, les six autres ont fuit devant la foule déferlante. Le maire David de Trélazé, est absent ce jour là. Menés par Attibert, la foule marche sur Angers à la lueur des torches.

 Métivier coordonne la réunion de crise dans les bureaux de la préfecture. Il a tout prévu.
 Les gendarmes très nombreux et le régiment de dragons sont en embuscade et attendent les émeutiers place du Ralliement. Les insurgés, surpris par tout ce déploiement de force, fuient de tous côtés.
 Des coups de feu éclatent, les dragons à cheval chargent la foule sabres à la main.
De nombreux émeutiers sont tués par les cavaliers, les soldats du 19ème de ligne et les gendarmes.  

Plusieurs dizaines d’ouvriers trouvent la mort dans les combats. Un des espions infiltré parmi les émeutiers, attire Attibert dans un piège dans la petite cour d’un immeuble. Le piège tendu par Métivier a fonctionné à merveille.  

Attibert l’émeutier, arrêté, c’est donc au tour du braconnier de se faire appréhender, le procureur s’en fait une obligation. Il veut mettre un terme à la contestation de l’autorité impériale.
Après 33 mois de cavale, Rouget sera trahi, arrêté et jugé.

(Déposé à la SACD)