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SYNOPSIS
L’histoire authentique de Rouget
le Braconnier se situe en Anjou de 1854 à 1857, sous le Second Empire. La France est gouvernée par Napoléon III, le peuple rural
et ouvrier est dans une misère noire.
Louis Rouget, ouvrier saisonnier
agricole, et analphabète, âgé de 37 ans, braconne pour nourrir sa famille sur les départements limitrophes de la Sarthe et du Maine et
Loire.
Il est marié à Marie, une fille simple. Le couple a deux enfants Louis 8
ans surnommé « Loulou »
et Victor 4 ans, surnommé « Totor ». La famille demeure dans une maison
vétuste « La Demennerie » située sur la commune de Saint-Germain, commune
limitrophe avec celle
de Daumeray.
Louis Rouget a un ami sur lequel
il peut compter en toutes circonstances, c’est Gilbert dit
Le Potard bûcheron charbonnier de son état.
Juillet 1854, Rouget, Gilbert et
Abaffour, braconnent dans le bois à proximité de Daumeray.
Dans la brigade de Gendarmerie Impériale de Daumeray, le gendarme Javelle,
homme intègre, sans pitié et manquant totalement de diplomatie propose au brigadier
Savin d’effectuer une tournée, car en ce dimanche, bonne période pour les braconniers, le
fameux Rouget sera
peut-être présent. Javelle et Pennegat partent en tournée.
Après quelques péripéties, Rouget
est arrêté. Gilbert a réussi à fuir. Javelle relève l’infraction malgré les supplications de Rouget promettant de ne plus braconner. Peine
perdue.
Le procès-verbal inscrit, les bicornes regagnent leur brigade, laissant
Rouget révolté, rempli
de rage et de désir de vengeance. Il ne pourra pas payer une nouvelle
amende et s’il va en prison, que deviendra sa famille ? Rouget ne voit qu’une seule solution,
éliminer le gendarme.
Javelle tombe dans l’embuscade
tendue par Rouget. Atteint une première fois, Javelle s’écroule
en avant. Rouget tire un second coup, et le second gendarme tournoie
comme une toupie.
Rouget s’enfuit.
Rentrant dans sa maison délabrée
« La Demennerie », il avoue son crime à sa femme
complètement désorientée. A ce même moment, le son d’une corne d’un
gardien de troupeaux se fait entendre. Les cornes servent à avertir de la présence des
gendarmes dans le secteur.
Effectivement, le brigadier Savin, commandant la brigade de Daumeray et
ses hommes, investissent la Demennerie.
Prévenu d’un danger imminent,
Rouget réussi à prendre la fuite malgré la présence des gendarmes qui tentent de lui barrer le passage. Va commencer pour Rouget,
une cavale de
31 mois. Il sera aidé par plusieurs fermiers de la région, notamment les
Poirier et les Portais.
Les gazettes affichent et narrent
l’évènement de l’affaire Rouget. Le meurtrier doit être mis
hors d’état de nuire dans les plus brefs délais. A Angers, dans le
bureau du procureur général impérial Métivier, ce dernier craint que cette affaire locale devienne
nationale, d’où d’éventuelles répercussions politiques hostiles au régime qui pourrait se
renforcer.
A plusieurs reprises, Rouget
réfugié dans différentes fermes, est sur le point d’être appréhendé,
mais chaque fois il réussit à s’enfuir, déjouant les pièges des
gendarmes venant des deux départements.
Des perquisitions ont lieu, des arrestations de fermiers hommes et
femmes sont effectuées
afin d’inciter Rouget à se rendre aux autorités.
Alors que Rouget se bat pour
rester libre, au même moment et à mille lieux de ses préoccupations, dans le cabaret « Pyramide » à Trélazé, les socialistes et
marianistes se réunissent secrètement depuis des mois. Ils parlent souvent de Victor Hugo
le proscrit exilé
à Guernesey. Dordigné présent à cette réunion clame qu’il a entendu
parler du fameux Rouget. Attibert le meneur, pense que rallier à leurs causes le monde paysan par
l’intermédiaire de Rouget, serait un atout et une aide considérable pour lutter contre le
régime impérial.
Mais le procureur Métivier veille. Le pauvre Rouget traqué journellement
dans les bois,
ignore totalement que son nom est prononcé par autant de personnes et
qu’il est devenu le symbole de la lutte contre le régime impérial. Rouget aime la nature et
la liberté, il est incapable de penser à la politique.
Javelle rétabli, est dans un
premier temps muté à la brigade des Ponts de Cé, près d’Angers.
Peu de temps après, il quitte la Gendarmerie et rentre dans la police
secrète où il devient un fervent serviteur du procureur impérial Métivier. Il est principalement
chargé de surveiller les agissements des socialistes et marianistes qui préparent un mouvement
insurrectionnel à Angers et dont le principal meneur se nomme Attibert, François. Il
contacte plusieurs espions infiltrés dans ces partis politiques, notamment un certain « K ». Lorsque
certains perreyeux prononceront le mot « Rouget » lors de leurs diverses manifestations,
Javelle jubilera espérant appréhender lui-même le braconnier.
Métivier et Javelle, deux hommes
qui trouveront leur volonté commune d’appréhender Rouget,
un moyen de mater l’insurrection politique dans le milieu ouvrier, mais
aussi l’assouvissement d’une vengeance personnelle.
Le machiavélisme du procureur
impérial sera de faire croire au public que Rouget est également un meneur de mouvements insurrectionnels. Il va tout mettre en
œuvre pour que le procès de Rouget lorsqu’il sera arrêté, soit un procès politique, avec des
circonstances aggravantes. De ce fait il est fort probable que Rouget soit condamné à
mort.
Lors d’une visite nocturne à sa
famille, Marie fait savoir à son mari qu’un huissier est venu clouer une affiche sur la porte d’entrée. Marie non plus ne sait ni lire
ni écrire. Rouget demande à voir l’affiche.
Marie lui approche la lanterne. Rouget est hypnotisé par ces lettres
noires. Enervé, il veut savoir
ce que ça dit. Une idée lui traverse l’esprit, son fils aîné Ptit Louis
sait lire, il va à l’école grâce
au soutien du vicomte du Grip. Il réveille son fils, le prend dans ses
bras et l’emmène devant l’affiche. A la lueur de la lanterne, Ptit Louis passe son doigt sur les
lignes :
Alors, Ptit Louis épelle doucement
en se concentrant "
CON…DAM…NE…..A…MORT… "
Marie tombe à genoux la tête enfouie entre les jambes de Rouget.
Métivier se rend à la préfecture à Angers pour mater l’insurrection de
mineurs des ardoisières
de Trélazé qui est imminente. Effectivement, les perreyeux se sont
révoltés, ils ont pris d’assaut la brigade de gendarmerie de Trélazé, ainsi que la maison du maire de
cette même commune.
Deux gendarmes ont été molestés, les six autres ont fuit devant la foule
déferlante. Le maire David de Trélazé, est absent ce jour là. Menés par Attibert, la foule
marche sur Angers à la lueur des torches.
Métivier coordonne la réunion de
crise dans les bureaux de la préfecture. Il a tout prévu.
Les gendarmes très nombreux et le régiment de dragons sont en embuscade
et attendent
les émeutiers place du Ralliement. Les insurgés, surpris par tout ce
déploiement de force,
fuient de tous côtés.
Des coups de feu éclatent, les dragons à cheval chargent la foule
sabres à la main.
De nombreux émeutiers sont tués par les cavaliers, les soldats du 19ème
de ligne et les
gendarmes.
Plusieurs dizaines d’ouvriers
trouvent la mort dans les combats. Un des espions infiltré parmi
les émeutiers, attire Attibert dans un piège dans la petite cour d’un
immeuble. Le piège tendu par Métivier a fonctionné à merveille.
Attibert l’émeutier, arrêté, c’est
donc au tour du braconnier de se faire appréhender, le procureur
s’en fait une obligation. Il veut mettre un terme à la contestation de
l’autorité impériale.
Après 33 mois de cavale, Rouget sera trahi, arrêté et jugé.
(Déposé à la SACD)
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